Qu’est-ce que l’intimidation ?

La Loi sur l’instruction publique (article 13, paragraphe 1.1) du Gouvernement du Québec définit ainsi l’intimidation : « Tout comportement, parole, acte ou geste délibéré ou non à caractère répétitif, exprimé directement ou indirectement, y compris dans le cyberespace, dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse et de léser, blesser, opprimer ou ostraciser. »

L’intimidation peut prendre des formes diverses et se manifester dans différents contextes. Toute personne peut être touchée par l’intimidation, peu importe son genre ou ses caractéristiques personnelles. Elle peut en être l’auteur, le témoin ou la victime.

L’intimidation, ce sont des paroles, des gestes, des images ou des comportements qui blessent, humilient, excluent socialement une personne ou qui ont pour effet de faire perdre l’estime de soi. Elle survient généralement lorsqu’il y a un rapport de force entre un agresseur et une victime. (EducaLoi)

C’est une forme d’agression caractérisée par un déséquilibre de pouvoir; la personne qui intimide a du pouvoir sur la personne qui se fait intimider. (Croix-Rouge Canada)

C’est donc autre chose qu’une plaisanterie entre amis ou un conflit entre deux personnes. L’intimidation se manifeste même quand il n’y a pas d’intention de faire du mal à quelqu’un.

« T’es nul, t’es laid et t’es gros. »

« Tu penses vraiment que le patron te fait confiance? T’es bon à rien. »

« Le p’tit là-bas, on va lui faire peur! »

« Montre-moi tes seins, sinon je vais mettre ta photo embarrassante sur Internet. »

« Tu viens d’une famille de terroristes! »

« Signe ce chèque si tu veux que je continue à venir te voir. »

Les différents types d’intimidation

  • Intimidation physique : utilisation de la force ou de la violence physique contre une autre personne (p. ex., frapper)
  • Intimidation verbale : utiliser des mots pour attaquer une personne verbalement (p. ex., traiter de noms)
  • Intimidation sociale ou relationnelle : essayer de faire mal à une personne en l’excluant, en répandant des rumeurs à son sujet ou en la rejetant (p. ex., commérer)
  • Cyberintimidation : utiliser les médias électroniques pour menacer, gêner, intimider ou exclure une personne, ou ternir sa réputation (p. ex., envoyer des menaces par texto)

Des précisions relatives aux caractéristiques 

L’intimidation est un phénomène social. Il faudra toujours évaluer l’effet du geste chez la personne ciblée. Plusieurs gestes ne sont pas nécessairement criminels en soi, mais ont des conséquences importantes chez la personne visée (ex. : détresse, insécurité, faible estime de soi, humiliation, sentiment d’impuissance à agir, etc.) et constituent, en ce sens, de l’intimidation.
À l’inverse, les mêmes gestes peuvent ne pas être considérés comme étant de l’intimidation si la personne ciblée ne se sent pas affectée. Cette précision n’exclut aucunement qu’une intervention soit nécessaire devant des comportements inadéquats, qu’il s’agisse ou non d’intimidation

À l’égard du caractère répétitif, il importe d’apporter certaines précisions :

  • La répétition peut naître du fait que le geste se produit à plusieurs reprises sur une certaine période de temps. Par exemple : un élève en pousse un autre lorsqu’il se trouve en même temps que lui aux casiers; la situation dure depuis quelques semaines.
    • La répétition peut aussi signifier que plusieurs personnes différentes font régulièrement le même geste (ex. : enlever la casquette, pousser, insulter). Même si chaque personne n’a commis le geste qu’une seule fois, la somme des gestes individuels constitue de l’intimidation.
    • Un geste unique qui atteint l’intégrité physique ou morale d’une personne requiert une intervention même s’il n’est pas répétitif.
    • La plupart des gestes uniques objectivement graves sont sanctionnés par le Code criminel et peuvent faire l’objet d’une plainte auprès des corps de police pour enquête. Le cas échéant, une dénonciation pourra être soumise au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Bien que les gestes manifestés dans une situation d’intimidation réfèrent généralement à un comportement délibéré, dans certaines situations, ils peuvent être involontaires et sans anticipation des effets sur l’autre. Ce peut être le cas d’enfants ou de jeunes qui, par manque de maturité, ne mesurent pas bien la portée de leurs actes, ou de personnes qui présentent des troubles neurologiques associés notamment à un trouble du spectre de l’autisme, à un traumatisme craniocérébral ou encore au vieillissement, qui les empêchent de mesurer objectivement la portée de leur comportement ou qui les privent de l’inhibition nécessaire pour s’abstenir de commettre certains gestes. Il faudra donc toujours prendre en compte les caractéristiques personnelles de l’auteur des gestes.

La caractéristique « Inégalité des rapports de force » peut s’exprimer notamment par une supériorité en nombre, une supériorité fondée sur l’âge, une plus grande force physique, un contexte d’autorité, des aptitudes différentes ou la volonté d’un des protagonistes de gagner du pouvoir aux dépens d’un autre.

Phénomènes connexes

Les manifestations d’intimidation peuvent faire partie de phénomènes plus larges et sanctionnables, comme la maltraitance, la négligence, la discrimination, l’exploitation ou la violence conjugale, familiale ou sexuelle. Toutefois, elles ne s’accompagnent pas nécessairement de ces autres problématiques.

Exemples de comportements où l’intimidation est associée à d’autres problématiques

  • L’intimidation fait souvent partie du cycle de la violence conjugale.
  • L’intimidation est parfois une composante de la maltraitance.
  • Les personnes victimes d’agressions sexuelles peuvent être intimidées par leur agresseur afin qu’elles ne le dénoncent pas.
  • Lorsque les biens de la personne ciblée sont volés, vandalisés ou détruits (ex. : faire des graffitis sur le casier, la voiture ou d’autres objets personnels; briser des objets personnels), il s’agit d’un acte criminel qui pourrait aussi constituer de l’intimidation.
  • Lorsqu’une personne mineure transmet une image intime d’elle-même à son partenaire et constate ensuite que cette image circule sur les réseaux sociaux, elle peut se sentir trahie et humiliée. De plus, les personnes faisant circuler l’image, y compris la personne mineure concernée, peuvent être accusées de distribution ou de possession de pornographie juvénile ainsi que de publication non consensuelle d’une image intime (Code criminel).

On parle de cyberintimidation lorsque des moyens technologiques sont utilisés pour intimider. C’est le cas si une personne utilise Internet, un site de réseautage social, un site Web, le courriel, la messagerie texte ou la messagerie instantanée pour en intimider une autre.

Quand l’intimidation est un crime?

Dans certains cas, l’intimidation peut être considérée comme un crime. Ce peut être le cas si des paroles, des gestes ou des comportements sont par exemple :

Lorsque l’intimidation porte sur des motifs interdits et s’apparente à de la discrimination ou du harcèlement, la victime peut dénoncer ce comportement auprès de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse.

La différence entre intimidation et harcèlement

L’intimidation et le harcèlement se ressemblent, mais présentent quelques différences :

  • Le harcèlement ressemble à l’intimidation, car il consiste à blesser une autre personne par des comportements insultants, offensants et cruels.
  • Le harcèlement diffère de l’intimidation en ce sens qu’il s’agit d’une forme de discrimination.

Qu’est-ce que la discrimination?

La discrimination, c’est traiter une personne différemment ou la dénigrer en raison de certaines caractéristiques ou différences. L’intimidation devient du harcèlement dans les cas où le comportement contrevient aux lois canadiennes sur les droits de la personne et accorde un traitement différent ou un mauvais traitement en raison des caractéristiques suivantes :

  • Âge
  • Race (couleur de la peau, traits du visage)
  • Origine ethnique (culture, lieu de résidence, mode de vie, habillement)
  • Religion (croyances religieuses)
  • Sexe
  • Orientation sexuelle (personne gaie, lesbienne, bisexuelle ou hétérosexuelle)
  • Situation familiale (famille monoparentale, famille adoptive, belle-famille, famille d’accueil, famille composée d’un parent non biologique ou famille de parents de même sexe)
  • Situation matrimoniale (célibataire, légalement marié, conjoint de fait, veuf ou divorcé)
  • Handicap physique ou mental (maladie mentale, trouble d’apprentissage, personne en fauteuil roulant)

Le harcèlement est un comportement qui affecte la dignité ou la santé physique ou psychologique d’une personne, soit par des paroles ou des comportements offensants, méprisants, hostiles ou non désirés. Un seul acte grave peut être considéré comme du harcèlement, s’il a un effet nocif continu sur la victime. 

Qu’est-ce que la radicalisation?

La radicalisation désigne généralement le déplacement d’un point de vue modéré vers des points de vue extrêmes ou inflexibles qui rejettent le statu-quo, mais pas nécessairement d’une manière violente.

Toutefois, il est important de noter que la radicalisation des opinions n’équivaut pas à la radicalisation des comportements, ni à la violence. De plus, la radicalisation menant à la violence n’est pas nécessairement détectable par observation puisque les changements de comportements qui peuvent la caractériser sont souvent associés à des formes de protestation ou à des demandes d’attention.

La radicalisation violente est le résultat d’un processus où les pratiques normales de dialogue et de compromis sont progressivement délaissées pour un engagement accru dans des tactiques de confrontation et de conflits.  

Sources

  1. Croix rouge Canada : https://www.croixrouge.ca/nos-champs-d-action/prevention-de-la-violence-et-de-l-intimidation/educateurs/prevention-de-l-intimidation-et-du-harcelement/definir-l-intimidation-et-le-harcelement
  2. Educaloi : https://www.educaloi.qc.ca/capsules/lintimidation-la-reconnaitre-et-agir
  3. Ensemble contre l’intimidation, une responsabilité partagée / Plan d’action concerté pour prévenir et contrer l’intimidation 2015-2018, https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/documents/plan-action-intimidation-2015.pdf
  4. Ministère de la Famille Québec : https://www.mfa.gouv.qc.ca/FR/INTIMIDATION/DEFINITION/Pages/index.aspx
  5. Ministère de L’éducation Québec: http://www.education.gouv.qc.ca/de/contenus-communs/enseignants/prevention-de-la-radicalisation/